Lesecteur f&l espagnol est inquiet par la grÚve des transporteurs routiers qui menace le pays le 17 novembre. Un mois crucial pour la filiÚre, car il représente le maximum d'activité pour les f&l.
Unemobilisation rĂ©ussie pour ZoĂ©. Ils sont venus nombreux pour soutenir ZoĂ©. Lâassociation Dans les yeux de ZoĂ© a organisĂ©, ce samedi 12
Le19/01/2022 7 min. CĂ©cile Blanchard RĂ©dactrice en chef des Cahiers pĂ©dagogiques. 2. La grĂšve du 13 janvier dans lâEducation nationale sâannonçait trĂšs suivie, et elle lâa Ă©tĂ©. Le gouvernement a annoncĂ© un taux de grĂ©vistes de 38,4 % dans le premier degrĂ© et 23,7 % dans le second. Les syndicats, eux, affichaient 75 % de
Alorsqu'a débuté ce jeudi 5 décembre une grÚve massive, les usagers des transports publics parisiens doivent malgré tout travailler. Entre patience et
Paris 9 dĂ©cembre 2019. La grĂšve, la grĂšve. A Paris et en rĂ©gion parisienne, depuis plus de 10 jours, on vit au rythme de la grĂšve. Câest lĂ , dans cette rĂ©gion de 12 millions d
Lesdirections syndicales jouent lâĂ©miettement des mouvements : dĂ©calage de lâappel RATP du 17 au 25 mars pour ne pas ĂȘtre avec le reste des salariĂ©Es, dĂ©calage de lâappel SNCF du 17 au 31, nouvelle date de la fĂ©dĂ©ration CGT transport le 4 avril Câest pourtant dâun mouvement dâensemble que les salariĂ©Es des transports publics ont besoin. Des batailles il y
. Une opĂ©ration escargot menĂ©e par des routiers en 2013. Kovarik En colĂšre, les routiers veulent le faire savoir au patronat, pas aux particuliers. Ils entament ce dimanche soir une grĂšve reconductible pour rĂ©clamer des augmentations de salaires. mais cette fois, leur mouvement entend gĂȘner le patronat sans peser sur les particuliers. Une cinquantaine d'actions sont prĂ©vues sur l'ensemble du territoire dans la nuit de dimanche Ă lundi. OpĂ©rations escargot, blocage de sites industriels ou de dĂ©pĂŽts pĂ©troliers "L'objectif c'est pas de bloquer la population mais de toucher les employeurs", assure Pascal Goument, de la CFTC-GND. En cas de blocages d'axes routiers, aux pĂ©ages d'autoroute par exemple, seuls les poids-lourds seront stoppĂ©s par les grĂ©vistes, qui laisseront passer les vĂ©hicules lĂ©gers. S'il y aura "forcĂ©ment, Ă la marge, un peu de ralentissement", selon JĂ©rĂŽme VĂ©ritĂ©, patron de la CGT Transports, la grĂšve ne devrait pas paralyser la circulation. Offre limitĂ©e. 2 mois pour 1⏠sans engagement "Au moins jusqu'Ă mardi"L'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC donnera le coup d'envoi de ces opĂ©rations dĂšs 22H. Elles "dureront au moins jusqu'Ă mardi", date de la prochaine sĂ©ance de nĂ©gociation annuelle obligatoire NAO dans le transport routier de marchandises. En rĂ©gion parisienne, un premier point de rendez-vous est donnĂ© pour la CGT et la CFTC Ă 21h30 Ă la Porte de Montreuil, selon Pascal Goument. Le convoi rejoindra ensuite des militants de FO Ă la porte de Clignancourt, avant de se rendre au port de Gennevilliers, oĂč est prĂ©vue le premier blocage. Des actions sur la plateforme aĂ©roportuaire de Roissy et d'autres zones industrielles au nord de Paris sont Ă©galement au programme. Le Nord, la Bretagne, la Normandie, l'Aquitaine, le RhĂŽne-Alpes ou la Lorraine sont les rĂ©gions les plus mobilisĂ©es, d'aprĂšs les syndicalistes. Perturbations attendues lundi aux entrĂ©es de MarseilleLes principaux axes routiers de Marseille devraient connaĂźtre d'"importantes perturbations" indique le Centre rĂ©gional d'information et de coordination routiĂšre MĂ©diterranĂ©e. Il conseille d'Ă©viter de prendre la route entre 6H00 et 9H00 "Les autoroutes A51, A7, A55 et A50 seront impactĂ©es." 100 euros par moisLes syndicats rĂ©clament "une augmentation du pouvoir d'achat minimum de 100 euros" par mois, notamment en portant Ă 10 euros le taux horaire minimum pour les coefficients les plus bas Ă l'embauche. Une seconde rĂ©union est programmĂ©e jeudi 22 janvier. Mais la grĂšve pourrait chambouler le calendrier Ă©tabli. "Les salaires dans le monde du transport sont quasiment gelĂ©s depuis trois ans. Or, pendant ce temps, le Smic continue Ă augmenter", a expliquĂ© au micro de France bleu Marc Rosa, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGT Transports en Gironde. "RĂ©sultat certains salariĂ©s qui ont entre 5 et 7 ans d'anciennetĂ© touchent l'Ă©quivalent du Smic". Les plus lus OpinionsLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles PialouxLa chronique de Pierre AssoulinePierre Assouline
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE Lâadministration de la Ville de MontrĂ©al a expliquĂ© jeudi que lâenlĂšvement de la neige avait toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un service essentiel. Cinq jours aprĂšs que les cols bleus de MontrĂ©al eurent accordĂ© un mandat de grĂšve gĂ©nĂ©rale Ă leur syndicat, la Ville a assurĂ© quâun Ă©ventuel dĂ©brayage ne stopperait pas le dĂ©neigement des rues de la mĂ©tropole. Lâadministration municipale a expliquĂ© jeudi que lâenlĂšvement de la neige avait toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un service essentiel ni la COVID-19, ni une grĂšve de ses employĂ©s nâinterrompront ces travaux. Il y aura des opĂ©rations de dĂ©neigement », a dit Martin Savard, directeur du Service de la concertation des arrondissements, en charge dâorganiser le dĂ©neigement. Je peux vous dire quâil y a dĂ©jĂ eu des Ă©vĂšnements par le passĂ© et le dĂ©neigement est toujours considĂ©rĂ© comme un service essentiel. » Le haut fonctionnaire municipal sâexprimait devant un comitĂ© du conseil municipal qui Ă©tudie en dĂ©tail le budget 2021 de MontrĂ©al. Il rĂ©pondait Ă la question dâune citoyenne qui craignait dâĂȘtre coincĂ©e chez elle en cas de grĂšve des cols bleus pendant une tempĂȘte. Il y a des barĂšmes Ă Ă©tablir, Ă©videmment, mais le dĂ©neigement est un service essentiel », a rĂ©pĂ©tĂ© M. Savard. Il en va de la sĂ©curitĂ© de la population, ne serait-ce que pour lâaccĂšs des services dâurgence, comme les ambulances et les pompiers. » Samedi dernier, les cols bleus rĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale spĂ©ciale ont accordĂ© Ă leur syndicat un mandat pour exercer des moyens de pression pouvant aller jusquâĂ une grĂšve gĂ©nĂ©rale illimitĂ©e. Lâorganisation nĂ©gocie actuellement le renouvellement de sa convention collective. Malheureusement, les pourparlers piĂ©tinent », dĂ©plorait samedi le prĂ©sident du syndicat. La Ville de MontrĂ©al ne semble pas vouloir nĂ©gocier de bonne foi Ă la table de nĂ©gociation. Il fallait mettre un peu de pression afin dâen venir Ă bout dans lâintĂ©rĂȘt de nos membres. Le mandat obtenu aujourdâhui dĂ©montre que nous sommes mobilisĂ©s et dĂ©terminĂ©s. » Martin Savard a plutĂŽt affirmĂ© que les discussions progressaient. Les deux parties nĂ©gocient trĂšs fort », a-t-il dit. Il nây a pas de bris de nĂ©gociations. » La Ville a dĂ©jĂ annoncĂ© il y a deux semaines quâelle prendra des moyens pour tenter dâĂ©viter une Ă©closion de COVID-19 parmi ses employĂ©s affectĂ©s au dĂ©neigement.
Emploi Droit social Pour nombre de travailleurs intellectuels, faute de pouvoir se dĂ©placer, le travail peut venir Ă eux grĂące au tĂ©lĂ©travail au domicile ou dans des tiers lieux proches, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray dans sa chronique. Mais il ne concerne pas tous les postes, ni toutes les situations PubliĂ© le 20 novembre 2019 Ă 06h15 Temps de Lecture 2 min. Article rĂ©servĂ© aux abonnĂ©s Avis dâexpert. Droit social ». Les grĂšves dans les transports publics Ă©tant annoncĂ©es massives Ă compter du jeudi 5 dĂ©cembre, nombre de salariĂ©s vont avoir de grandes difficultĂ©s Ă accĂ©der Ă leur lieu de travail. Et tout le monde ne peut pas venir Ă vĂ©lo ou Ă trottinette⊠Face Ă une grĂšve externe », que peut faire une entreprise pour assurer la continuitĂ© de son activitĂ© ? Lâenjeu est dâĂ©viter une Ă©ventuelle mise en cause de sa responsabilitĂ© contractuelle par des clients ou des fournisseurs, faute de dĂ©montrer un cas de force majeure il ne sâagit pas dâune grĂšve EDF pouvant paralyser un site entier. Si une vaste inondation ou pandĂ©mie constitue un cas de force majeure lâautorisant Ă fermer, puis Ă rĂ©cupĂ©rer au tarif normal ces heures collectivement perdues dans les douze mois qui suivent, ce nâest pas le cas dâune classique grĂšve des transports publics. Un employeur ne peut donc pas dĂ©cider de fermer son entreprise ce jour-lĂ en invoquant son incertitude sur le nombre de salariĂ©s Ă leur poste, ou de clients ayant dĂ©sertĂ© son magasin. Alors chacun cherche Ă sâadapter, en fonction de lâimpact du mouvement social horaires plus flexibles, prise de jours de congĂ©s ou de RTT, voire de jours sans solde. Lire aussi Article rĂ©servĂ© Ă nos abonnĂ©s Mettre en place le tĂ©lĂ©travail ? Mais comment sâorganiser si le conflit dure⊠Pour nombre de travailleurs intellectuels, faute de pouvoir se dĂ©placer, le travail peut venir Ă eux grĂące au tĂ©lĂ©travail au domicile ou dans des tiers lieux proches. Il est dĂ©jĂ pratiquĂ© officiellement et surtout officieusement. La pandĂ©mie H5N1 de 2006 a Ă©tĂ© lâoccasion de gĂ©nĂ©raliser le recours au tĂ©lĂ©travail En cas de circonstances exceptionnelles âŠ, la mise en Ćuvre du tĂ©lĂ©travail peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un amĂ©nagement du poste de travail rendu nĂ©cessaire pour permettre la continuitĂ© de lâactivitĂ© de lâentreprise », indique le code du travail. Lâarticle L. 1222-11 peut aussi sâappliquer en cas de catastrophe naturelle bloquant une ville entiĂšre, de pollution particuliĂšrement grave voir aussi L. 1222-9, et de grĂšve massive des transports. Quâapporte-t-il sur le plan juridique ? Alors quâen principe, le tĂ©lĂ©travail nĂ©cessite lĂ©gitimement lâaccord exprĂšs de chaque salariĂ© concernĂ©, il permet Ă lâentreprise de lâimposer, dans des conditions parfois prĂ©cisĂ©es par accord collectif groupe France MĂ©dias Monde, 4 septembre 2019 ; Carrefour, 27 septembre 2019. Effets non attendus Mais il ne concerne pas tous les postes, ni toutes les situations. Certains emplois ne sont pas tĂ©lĂ©travaillables » ouvrier, vendeuse et certains risques sont complexes Ă couvrir risque Ă©lectrique, assurance habitation, bon accĂšs InternetâŠ, une telle exportation de donnĂ©es Ă lâextĂ©rieur de lâentreprise ne sâimprovise pas. Bien en amont, elle doit donner lieu au montage dâun plan de continuitĂ© », avec exercices de simulation rĂ©servant parfois quelques surprises. Il vous reste de cet article Ă lire. La suite est rĂ©servĂ©e aux abonnĂ©s. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă la fois Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce quâune autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂȘtes la seule personne Ă consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă lire ici ? Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il dâautres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant dâappareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă des moments diffĂ©rents. Vous ignorez qui est lâautre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
Tandis qu'en France, les syndicats des transports en commun prĂ©parent une grĂšve perlĂ©e Ă partir du mois d'avril, les retards, annulations de trajets, correspondances non assurĂ©es, ou manques d'informations risquent de se multiplier⊠Egencia, l'agence spĂ©cialiste de la gestion du voyage d'affaires, dĂ©voile 5 conseils pour maĂźtriser les pĂ©pins quotidiens qui perturbent les dĂ©placements, et ne pas faire dĂ©raper un voyage d'affaires organisĂ© Ă l'avance. 1 - Le temps est comptĂ© ? Activez les notifications des applications de voyages ! Les applications dĂ©veloppĂ©es par les services de transports et les agences de voyages sont des sources d'informations fiables pour les voyageurs qui circulent en France comme Ă l'Ă©tranger. Ils permettent de s'informer sur les actualitĂ©s en cours d'ĂȘtre notifiĂ© en cas de grĂšves par exemple, et d'avoir des informations essentielles telles que les confirmations de dĂ©parts, retards, annulations, les possibilitĂ©s de remboursements. 2 - Rester connectĂ©, explorez Google ! Le web est une source infinie d'informations, aujourd'hui il est possible de tout trouver en un clic ! Ne pas hĂ©siter Ă consulter les sites d'informations spĂ©cialisĂ©s dans les transports tels que pour les trains ; les sites des compagnies aĂ©riennes ; ceux des aĂ©roports ou et le site de son agence de voyages. Ne pas attendre la derniĂšre minute pour les consulter. Bon Ă savoir la SNCF met Ă jour ses horaires la veille du dĂ©part d'un train, aprĂšs 17h. Un changement de vol ? Les compagnies aĂ©riennes comme Air France contactent directement leurs voyageurs par mail ou sur leurs portables pour les avertir en cas d'annulations ou vols retardĂ©s, et leur offrent dans la foulĂ©e une solution alternative. Il faut donc vĂ©rifier que ses coordonnĂ©es sont Ă jour sur leur site ! 3 - Qui ĂȘtes-vous ? OĂč ĂȘtes-vous ? Lorsque la situation devient urgente, il est utile d'avoir sur soi les coordonnĂ©es du service clients de son agence de gestion de voyages. Pour plus de rapiditĂ©, il est essentiel de vĂ©rifier que toutes les informations utiles, comme le numĂ©ro de portable, sont Ă jour sur la page de son profil voyageur. GrĂące Ă ces informations, les centres d'appels d'Egencia, par exemple, peuvent identifier un voyageur par son numĂ©ro de portable et visualiser immĂ©diatement son dossier au moment oĂč il appelle. 4 - âTout vient Ă point Ă qui sait attendreâ... Voyager, c'est aussi adopter la bonne attitude que requiert chaque situation ! Dans le cas d'une perturbation, les dĂ©convenues comme les retards ou annulations de vols ou de trains, la saturation des lignes tĂ©lĂ©phoniques... sont des phĂ©nomĂšnes classiques rencontrĂ©s par tous les voyageurs. Et les dĂ©lais d'attentes peuvent ĂȘtre interminables ! Il est conseillĂ© de ne pas cĂ©der Ă la panique, et de s'armer de patience et de zĂ©nitude pour ne pas rendre la situation encore plus dĂ©sagrĂ©able. Pour les adeptes du bleisure, c'est l'occasion d'ouvrir ses city guides pour y piocher quelques lieux Ă visiter, restaurants oĂč manger... 5 - Reporter son voyage dans la mesure du possible Dans le cas oĂč l'on est averti en amont des perturbations Ă venir, il est prĂ©fĂ©rable de reporter son voyage dans la mesure du possible. Certaines compagnies aĂ©riennes mettent en place des modalitĂ©s pour voyager Ă une autre pĂ©riode sans frais, ce qui rĂ©duit les coĂ»ts de voyage tant du cĂŽtĂ© des voyageurs d'affaires qui doivent avancer les frais que de celui des Travel Managers qui doivent faire respecter les politiques voyages. Ces informations sont disponibles directement sur le site de la compagnie aĂ©rienne ou pour plus de rapiditĂ©, consulter le site de son agence de voyages. En toutes circonstances, restez zen.... CrĂ©dit photo NicoElNino / gettyimages
PubliĂ© le 12 dĂ©c. 1996 Ă 101Mis Ă jour le 6 aoĂ»t 2019 Ă 000Les traits sont un peu tirĂ©s mais la dĂ©termination intacte. Tellement intacte qu'une reconduction de leur mouvement n'est pas exclue. On ne sait jamais... si nous n'obtenions pas satisfaction », lĂąche François Yverneau, le secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral de la FGTE-CFDT 1. Son organisation, principal syndicat des routiers avec 18 % des voix aux derniĂšres Ă©lections de comitĂ© d'entreprise 2, a exercĂ© le leadership de la rĂ©cente grĂšve des routiers. Comme au plus fort du conflit, tĂ©lĂ©phones et fax continuent d'ailleurs de crĂ©piter. Ici, un avocat pour savoir comment rĂ©gler les francs de primes obtenus par les routiers dans les nĂ©gociations mais qui ne sont pour l'heure qu'une recommandation. LĂ , un chauffeur aphone d'avoir trop clamĂ© sa colĂšre, pour demander un bulletin d'adhĂ©sion. Au 8e Ă©tage de l'immeuble de la CFDT, avenue Simon-Bolivar dans le 19e arrondissement Ă Paris, la tension est certes retombĂ©e d'un cran, mais une certaine euphorie enveloppe encore les rencontres entre militants. Il est vrai que cette grĂšve, c'est un peu, beaucoup, leur enfant. Un an bientĂŽt qu'ils y travaillent. Un an de rĂ©unions, de distributions de tracts, de confĂ©rences de presse. Un an pour apprendre Ă s'exprimer en public, synthĂ©tiser les revendications, monter un barrage, affronter la pluie..., le tout ponctuĂ© par une manifestation test, celle du 28 mai dernier, rĂ©ussie au-delĂ de leurs espĂ©rances. Un an de vaines rĂ©unions officielles, et de nombreux contacts secrets avec les leaders des organisations patronales. Le tĂ©lĂ©phone existe », lĂąche pour toute information Claude Debons, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la FGTE-CFDT. Un an enfin de tournĂ©e des popotes », raconte, de son cĂŽtĂ©, Roger Poletti, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de FO Transports. Par rapport Ă juillet 92, la grĂšve de novembre 96 apparaĂźt clairement comme un conflit organisĂ© et maĂźtrisĂ© par les syndicats qui ont dĂ©veloppĂ© ces derniĂšres annĂ©es leur implantation dans les entreprises », concĂšde mĂȘme, cĂŽtĂ© patronal, le prĂ©sident de la Chambre des loueurs et transporteurs industriels, Jean de Chauveron. La premiĂšre alerte remonte Ă dĂ©cembre 1995. En plein conflit des cheminots, la CFDT avertit Le nombre de grĂšves d'entreprises dans le transport routier dans cette pĂ©riode a atteint un niveau sans prĂ©cĂ©dent .... Cette vitalitĂ©, cette Ă©nergie, il nous appartient de la conserver et de la dĂ©velopper. » Le ton est donnĂ©. Il contient dĂ©jĂ les germes d'une action de plus grande ampleur. SecrĂ©taire d'Etat aux Transports, Anne-Marie Idrac ne l'ignore pas qui, dans un courrier datĂ© du 17 novembre 1995, rappelle la dĂ©termination du gouvernement Ă mettre en oeuvre de façon expĂ©ditive et adaptĂ©e le dispositif de contrĂŽle et de sanctions du transport routier » ; dispositif prĂ©vu dans le contrat de progrĂšs du 24 novembre 1994. Le 12 fĂ©vrier 1996, la CFDT dĂ©clenche une nouvelle alerte Il faut une application gĂ©nĂ©ralisĂ©e NDLR du contrat de progrĂšs, sinon ceux qui jouent le jeu seront pĂ©nalisĂ©s. » Un mois plus tard, le 7 mars, le conseil cĂ©dĂ©tiste de branche dĂ©cide le principe d'une journĂ©e d'action le 28 mai. Les revendications des routiers se font plus prĂ©cises; plus lourdes aussi par leur coĂ»t Ă©conomique et plus dĂ©terminĂ©es contre les conditions de travail qu'elles dĂ©noncent. Toutes les heures travaillĂ©es doivent ĂȘtre payĂ©es, la retraite Ă 55 ans accordĂ©e, les salaires conventionnels revalorisĂ©s sur la base de francs pour 200 heures, enfin les maladies professionnelles reconnues. Un tract en trois volets, intitulĂ© Prenons les routes du progrĂšs », est tirĂ© Ă plusieurs milliers d'exemplaires. Des autocollants sont Ă©galement imprimĂ©s. Cela peut aller plus loin », menace le syndicat majoritaire chez les routiers. Rien n'est exclu. Soyons audacieux, inventifs et lucides. » Suit un mode d'emploi Ă destination des antennes rĂ©gionales Les tracts doivent ĂȘtre diffusĂ©s en avril et mai dans les entreprises. » Le mĂ©canisme syndical semble tourner comme un diesel capable de tracter des tonnes. SuccĂšs de la grĂšve test A la mi-avril, la branche route du syndicat cĂ©dĂ©tiste s'interroge pour la premiĂšre fois sur les actions Ă mener Tel dĂ©partement pourrait lancer un prĂ©avis pour une journĂ©e de grĂšve. Tel autre distribuer des tracts Ă un rond-point oĂč les camions doivent ralentir. Tel autre, enfin, se faire remarquer en provoquant un bouchon monstre. »Quinze jours plus tard, une volontĂ© commune ressort d'une nouvelle rĂ©union du conseil cĂ©dĂ©tiste de branche Il faut frapper fort pour qu'on sorte de la routine de la distribution de tracts. » Six rassemblements interrĂ©gionaux sont dĂ©cidĂ©s. La grĂšve test du 28 mai est un succĂšs, qui conforte l'analyse des plus audacieux. Jusqu'Ă l' Officiel des transports » qui reconnaĂźt, dans son Ă©dition du 1er juin, que la journĂ©e d'action a Ă©tĂ© particuliĂšrement suivie dans toute la France ». Dans la foulĂ©e, les routiers sont reçus au ministĂšre des Transports. Las, leur dĂ©sillusion est grande. Leurs reprĂ©sentants estiment ne pas avoir Ă©tĂ© entendus par les pouvoirs publics, a fortiori par le patronat. Du coup, la CFDT appelle Ă rester mobilisĂ©s pour porter l'action Ă un niveau supĂ©rieur ».Le 12 juillet le conseil de branche de la CFDT s'attaque concrĂštement aux modalitĂ©s d'action Ă envisager, appropriĂ©es Ă la hauteur des enjeux ». La synthĂšse de ses travaux est trĂšs claire Certes le ministre nous a reçus et le patronat a cĂ©dĂ© un peu sur nos salaires... mais cela ne rĂ©pond pas Ă nos attentes. »En aoĂ»t, la pression monte encore d'un cran. A la une du mensuel de la CFDT Transports, une interrogation D'autres actions pour avoir gain de cause ? » Son Ă©ditorial est limpide Avis de tempĂȘte sur le social. A force de semer le vent, le patronat routier risque de rĂ©colter la tempĂȘte sociale. »Le 5 septembre, le mĂȘme conseil cĂ©dĂ©tiste de branche considĂšre que l'avertissement n'a pas Ă©tĂ© entendu et dĂ©finit le principe d'une action nationale pour le 4 novembre. A cet effet, une proposition d'unitĂ© d'action est transmise aux autres organisations CGT, FO, CFTC, FNCR et CGC. La forme du conflit est choisie. Nous combinerons un appel Ă la grĂšve avec une ou des actions spectaculaires. »Dix regroupements rĂ©gionaux sont Ă©tablis; oĂč, dans chacun des cas, les hommes de terrain » auront Ă choisir et Ă gĂ©rer le mode d'action. Car il importe de mobiliser les salariĂ©s du transport, le maximum des routiers, d'autant que 85 % d'entre eux ne sont pas syndiquĂ©s. Ici comme ailleurs, la toute petite entreprise ne favorise pas la syndicalisation; dans les sociĂ©tĂ©s de 50 salariĂ©s et plus, les non-syndiquĂ©s ne sont que 46 %. Un tract national est rĂ©digĂ©; et deux slogans adoptĂ©s Agir pour ne pas subir » ; Combattons pour notre avenir. »MontĂ©e en pression progressive Le 30 septembre, l'intersyndicale se rĂ©unit pour la premiĂšre fois. Tous disent oui » Ă l'action unitaire mais butent sur la date du 4 novembre prĂ©choisie par la CFDT. Les autres _ CGT, FO, FNCR et CFTC _ lui prĂ©fĂšrent le 18 novembre... et tout le monde finit bien sĂ»r par s'y rallier. Pendant ce temps, les deux syndicats de patrons _ la FNTR et l'Unostra _ battent le rappel pour leur propre action du 7 novembre. Eux protestent contre l'inflation des charges et la guerre des prix. Le 14 novembre, tout est dĂ©jĂ fin prĂȘt chez les routiers. De la liste des barrages pour une montĂ©e en pression progressive d'abord les routes, ensuite seulement les dĂ©pĂŽts de carburants pour ne pas ĂȘtre trop vite impopulaires et pour garder des munitions jusqu'aux tĂ©lĂ©phones portables, en passant par les fax et mĂȘme les tentes afin d'abriter la logistique. Les consignes propres Ă tout conflit sont Ă©galement rappelĂ©es. Penser Ă la signalisation, prĂ©voir notamment des lampes lumineuses, placer des militants en amont du ralentissement, penser aussi Ă l'intendance, si un restaurant est Ă proximitĂ© parfait, sinon, prĂ©voir des sandwichs, Ă tout le moins, ou faire transporter les chauffeurs vers les restaurants. Pas de boissons alcoolisĂ©es, ne pas oublier de tĂ©lĂ©phoner chaque jour Ă la branche route avant 10 heures pour informer la presse. »Le 18 novembre, la mĂ©canique parfaitement rodĂ©e se met enfin en route et tous les syndicats enclenchent ensemble la vitesse supĂ©rieure. On adopte une logistique de guerre », dĂ©clare Roger Poletti. Dans les permanences syndicales, les secrĂ©taires sont quasi rĂ©quisitionnĂ©es dĂšs l'aube pour frapper la synthĂšse des travaux de la nuit et les faxer Ă tous les barrages. Un conflit des temps modernes » LĂ , rĂ©side selon les syndicats l'une des raisons de la rĂ©ussite de la grĂšve. Un conflit des temps modernes », ironise François Yverneau. Pour dĂ©fendre des conditions de travail d'un autre siĂšcle », ajoute Roger Poletti. En 1992, se souvient Michel Fleurot, militant CFDT venu des Vosges coordonner l'action des barrages Ă Paris , la base Ă©tait coupĂ©e du sommet. » Or, pour rĂ©ussir un barrage et donc la grĂšve, rĂ©sumeÂtÂil, il faut un tĂ©lĂ©phone, un restaurant Ă proximitĂ©, des sanitaires. Sans cela, c'est la galĂšre ». Nous distribuions 2, voire 3 ou 4 tracts par jour aux barrages », raconte, pour sa part, Roger Poletti. Jusqu'Ă 250 barrages Mais la communication en temps rĂ©el a un revers. Celui de voir la pression retomber trĂšs rapidement, au vu des accords signĂ©s. Ainsi, au troisiĂšme jour du conflit, alors que poids lourds bloquent 75 points de passage dans l'Hexagone, les syndicats patronaux se dĂ©clarent prĂȘts Ă ouvrir immĂ©diatement des discussions sur le temps de travail et la retraite Ă 55 ans. AussitĂŽt informĂ©s, les barrages se dĂ©tendent. Au point mĂȘme que les syndicats craignent de ne pouvoir les maintenir en place. Une pluie de tracts assortie de tĂ©lĂ©confĂ©rences parviennent finalement Ă enrayer la tendance. Le vendredi Ă 16 heures, on a su qu'on passerait le week-end au front », raconte Michel Fleurot. La suite est connue. Cent soixante barrages le lundi 25, plus de 250 le samedi 30, ultime Ă©tape du conflit. RĂ©ussie, la grĂšve le sera si les routiers obtiennent aujourd'hui ce pourquoi ils se sont battus. Un premier succĂšs dĂ©jĂ les ravit Ă FO comme Ă la FGTE-CFDT, les adhĂ©sions se multiplient. La grĂšve aura cette autre vertu d'avoir effacĂ© un temps les dĂ©saccords des transporteurs avec leur confĂ©dĂ©ration CFDT. Nicole Notat, qui a dialoguĂ© avec les grĂ©vistes au barrage d'Yvetot le 22 novembre, s'est tenue informĂ©e chaque jour de l'Ă©volution des nĂ©gociations. Et elle a su conforter la revendication professionnelle en s'opposant Ă une gĂ©nĂ©ralisation tous azimuts du conflit. Les routiers cĂ©dĂ©tistes viennent d'ailleurs de l'en remercier. Quant Ă FO, Roger Poletti, blondeliste convaincu », il a quotidiennement tenu au courant Marc Blondel qui lui offrira mĂȘme l'aide logistique de la confĂ©dĂ©ration. Reste l'addition. François Yverneau le sait dĂ©jĂ elle sera Ă©levĂ©e. Mais qu'importe l'avenir des routiers vaut bien un tel investissement !
a organisé une grÚve des transports réussie